Marcel Herrand
──────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────
top
Marcel Herrand, né le 8 octobre 1897 à Paris 8e, et mort le 11 juin 1953 à Montfort-l'Amaurycite-ref-1[1] est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français.
Il est particulièrement connu pour ses rôles de « méchants » : Lacenaire, le dandy assassin du boulevard du Crime dans Les Enfants du paradis de Marcel Carné, Fantômas (1947), Don Salluste dans Ruy Blas ou encore le policier Corentin dans Les Chouans d'après Balzac.
Selon Jean Tulard, « il émanait de lui un charme, une séduction qui sont ceux du traître élégant et raffiné de tout bon mélodramecite-ref-2[2]. »
Contents
• Théâtre
──────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────
Biographie
Élève du Conservatoire Maubelcite-ref-mll118-3-0[3], il travaille sa diction avec Germaine Albert-Birotcite-ref-4[4] et déclame des poèmes aux manifestations organisées par la revue SICcite-ref-mll118-3-1[3]. Il est ainsi repéré pour jouer le rôle du mari dans le « drame surréaliste » de Guillaume Apollinaire, Les Mamelles de Tirésias, en 1917. Cinq jours avant la création de la pièce, le père du jeune acteur meurt dans un accident de la circulation, Herrand manque de se désister. Il joue finalement son rôle, supplié par Pierre Albert-Birot, le metteur en scène, et Apollinaire, qui se déclare prêt à monter lui-même sur la scène pour sauver la piècecite-ref-5[5].
Il participe à la soirée dadaïste du Cœur à Barbe en 1921, en lisant des poèmes qu'il a choisis d'Apollinaire, Jacques Baron, Jean Cocteau, Paul Éluard, Philippe Soupault et Tristan Tzara. La présence de Cocteau provoque la colère d'Éluard, qui tente de saboter la soirée. Celle-ci marque la rupture entre Éluard et les futurs surréalistes d'une part et Dadacite-ref-6[6].
Il dirige le « Rideau de Paris » avec Jean Marchat avant de succéder à Georges Pitoëff à la direction du théâtre des Mathurins en 1939. En 1952 il assure la direction du festival d'Angerscite-ref-jbonnot-1967-7-0[7]cite-ref-8[8].
En 1953, il se sait atteint d'un grave cancer. Il met toutefois en scène les adaptations théâtrales de La Dévotion de la croix de Pedro Calderón de la Barca et Les Esprits de Pierre de Larivey, toutes deux signées Albert Camus, pour le festival d'Angers. Mais il meurt sans pouvoir achever les toutes dernières répétitions. Albert Camus lui-même le remplace. Les deux spectacles, dédiés à sa mémoire, connaîtront un grand succès.
Théâtre
En tant que comédien
• 1917 : Les Mamelles de Tirésias de Guillaume Apollinaire, mise en scène Pierre Albert-Birot, théâtre Maubel
• 1920 : Cromedeyre-le-Vieil de Jules Romains, mise en scène Jacques Copeau, théâtre du Vieux-Colombier
• 1921 : Les Mariés de la tour Eiffel, de Jean Cocteau, mise en scène de l'auteur, théâtre des Champs-Élysées
• 1922 : Le Portrait de Dorian Gray d'après Oscar Wilde, mise en scène Georges Pitoëff, Comédie des Champs-Élysées
• 1931 : Le Méchant de Jean-Baptiste-Louis Gresset, mise en scène Charles Dullin, théâtre de l'Atelier
• 1934 : Dommage qu'elle soit une prostituée de John Ford, mise en scène Charles Dullin, théâtre de l'Atelier
• 1934 : Le Coup de Trafalgar de Roger Vitrac, création dans une mise en scène de Marcel Herrand au théâtre de l'Atelier, dans le rôle d'Adolphe Lemercier
• 1946 : Divines Paroles de Ramón María del Valle-Inclán, mise en scène Marcel Herrand, théâtre des Mathurins
• 1946 : Primavera de Claude Spaak, mise en scène Marcel Herrand, théâtre des Mathurins
• 1946 : L’Extravagant Captain Smith de Jean Blanchon, mise en scène Marcel Herrand, théâtre des Mathurins
• 1946 : Le Crime de Lord Arthur Savile de Saint John Legh Clowes d'après Oscar Wilde, mise en scène Marcel Herrand, théâtre des Mathurins
• 1950 : Le Bal du Lieutenant Helt de Gabriel Arout, mise en scène Marcel Herrand, théâtre des Mathurins
En tant que metteur en scène
• 1942 : D'après nature ou presque de Michel Arnaud, théâtre des Mathurins
• 1942 : Deirdre des douleurs de John Millington Synge, théâtre des Mathurins
• 1942 : Mademoiselle de Panama de Marcel Achard, théâtre des Mathurins
• 1945 : Le Treizième Arbre d’André Gide, théâtre des Mathurins
• 1945 : Federigo de René Laporte, théâtre des Mathurins
• 1946 : Divines Paroles de Ramón María del Valle-Inclán, théâtre des Mathurins
• 1946 : Primavera de Claude Spaak, théâtre des Mathurins
• 1946 : L’Extravagant Captain Smith de Jean Blanchon, théâtre des Mathurins
• 1946 : Le Crime de Lord Arthur Savile de Saint John Legh Clowes d'après Oscar Wilde, théâtre des Mathurins
• 1947 : L'Empereur de Chine de Jean-Pierre Aumont, théâtre des Mathurins
• 1950 : Le Bal du Lieutenant Helt de Gabriel Arout, théâtre des Mathurins
• 1953 : La Dévotion à la croix de Pedro Calderón de la Barca, traduction Albert Camus, Festival d'Angers
Filmographie
• 1943 : Les Enfants du paradis de Marcel Carné : Lacenaire
• 1945 : Étoile sans lumière de Marcel Blistène
• 1945 : Messieurs Ludovic de Jean-Paul Le Chanois : Ludovic Le Chartier, le financier
• 1948 : Le Dernier Fiacre de Raoul André
• 1948 : Impasse des Deux-Anges de Maurice Tourneur
• 1949 : Le Parfum de la dame en noir de Louis Daquin
• 1949 : On n'aime qu'une fois de Jean Stelli
• 1950 : Pas de pitié pour les femmes de Christian Stengel
• 1951 : Les loups chassent la nuit de Bernard Borderie
Notes et références
cite-note-11. ↑ Acte de naissance no 1983 (p. 17) avec mention marginale du décès, Registre des naissances de l'année 1897, Mairie du 8e, sur le site des Archives numérisées de Paris.
cite-note-22. ↑ Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma : Les Acteurs, coll. Bouquins, Robert Laffont, Paris, 2007
cite-note-mll118-33. Marie-Louise Lentengre, Pierre Albert-Birot, l'invention de soi, Jean-Michel Place, 1993, p. 118
cite-note-44. ↑ « C'était elle [Germaine Albert-Birot] qui avait, au temps des Mamelles de Tirésias formé Marcel Herrand, qui monta pour la première fois sur une scène dans le rôle du mari » — albert-birot1988pierre-albert-birot1988Pierre Albert-Birot, Autobiographie & Moi et Moi, Troyes, Librairie Bleue, 1988, 120 p. (ISBN 2-86352-052-0), p. 42
cite-note-55. ↑ Lentengre, p. 121
cite-note-88. ↑ « L’historique du Festival d’Anjou », sur Festivzl d’Anjou - EPCC Anjou Théâtre (consulté le 4 août 2016).
cite-note-99. ↑ landru2008philippe-landru2008Philippe Landru, « Suresnes (92) : nouveau cimetière », sur landrucimetieres.fr, 31 décembre 2008 (consulté le 17 septembre 2018)
Voir aussi
Bibliographie
• Yvan Foucart, Dictionnaire des comédiens français disparus, Éditions cinéma, Mormoiron, 2008 (ISBN 978-2-9531-1390-7)
• Olivier Barrot et Raymond Chirat, Inoubliables ! Visages du cinéma français 1930-1950, Paris, Calmann-Lévy, 1986 (ISBN 978-2-7021-1409-4)
Liens externes
• Notices d'autorité : VIAF ISNI BnF (données) IdRef LCCN GND Italie Israël
• Ressources relatives à l'audiovisuel : AllMovie Allociné Ciné-Ressources Filmportal IMDb Unifrance
• Ressources relatives au spectacle : Archives suisses des arts de la scène Les Archives du spectacle
• Ressource relative à la musique : Discogs
• Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste : Deutsche Biographie
• Portail du théâtre
• Portail du cinéma français